Breaker

Work in progress

work in progress autreoreille.com

Mais plus lentement ! Comme mon rythme de publication d’articles sur ce blog…
Si les premières étapes m’ont semblé spectaculaires, je piétine depuis plusieurs semaines sur un long palier et ressens moins les progrès. “On peaufine, on fignole”, m’explique l’orthophoniste, voix de la sagesse face à mon impatience. Je continue donc la rééducation. 

L’implant me permet de comprendre tous les phonèmes et, dans le bruit, déjà 80% des voix qui dépassent de 10dB l’intensité de l’environnement sonore. En séance de rééducation, j’ai pu m’exercer avec des complices sur la distinction des voix et leur spatialisation. J’y arrive à peu près, une fois que les intonations des interlocuteurs me deviennent familières. L’orthophoniste me conseille de ne pas trop utiliser les accessoires d’écoute, pour apprendre à m’en passer, mais sans pour autant me mettre en difficulté dans des situations de la vie quotidienne : la rééducation doit se faire de préférence lors de mises en situation dédiées.

Je peux désormais participer à des conversations à 4 ou 5 dans un environnement silencieux. Je distingue aussi le tic-tac de l’horloge murale dans la cuisine du bureau, les croquettes qui craquent sous les crocs du chat (improbable de faire un boucan pareil en mangeant !), la sonnette de la porte d’entrée, quelques mots des annonces sonores dans le train, l’eau aspirée dans la cafetière, de nombreux chants d’oiseaux, une partie des explications du serveur de la terrasse d’en face (ce qui préserve le suspense quant au résultat de ma commande, sinon c’est moins drôle). En revanche, je n’entends toujours pas assez le bruit de moteur d’une voiture pour savoir quand changer de vitesse. Heureusement, il y a les compte-tours. L’usage du téléphone reste fastidieux : beaucoup de concentration pour un résultat mitigé et des informations manquées.

Les bruits de fond – qui au départ me rappelaient le son d’un vieux téléviseur dont on règle les canaux – sont moins présents ou moins gênants en tout cas. C’est clairement l’oreille implantée qui me permet de comprendre la parole. L’appareil auditif “complète” en apportant aux voix des sonorités plus naturelles, plus nuancées. Dans le brouhaha, c’est l’inverse : je préfère éteindre l’aide auditive pour n’utiliser que l’implant cochléaire. Comprendre sans s’épuiser est la priorité et tant pis pour les subtilités de vos voix !

 

Photo by Johan Desaeyere on Unsplash

@solene

5 thoughts on “Work in progress

  • GOT régine

    Bravo pour ce récit “in progress”. Et pour l’excellent choix de ces superbes photos.

    Je m’appelle Régine GOT, je suis architecte et depuis peu à la retraite.
    Nous avons vécu une expérience similaire, puisque j’ai été implantée moi-même en 2014, et que j’ai écrit et illustré un témoignage de cette aventure.
    Je l’ai fait imprimer dans un format A5 vertical pour pouvoir le diffuser auprès des membres de l’association SURDI 13, dont je faisais partie.

    Je vais vous le transmettre par mail, vous me direz si cela vous intéresse…
    J’aurais besoin d’un coup de pouce web pour le diffuser sur le net.
    A plus tard , j’espère.

  • Bruno

    Bonjour,
    Beaux témoignages !
    Vous n’avez pas de compte Twitter ou de page Facebook ou autre, pour se tenir informer de vos futurs billets ?

  • François

    Très beau blog !
    Nombreuses sont les personnes qui apprécieront ce témoignage sensible et optimiste !
    L’implant sera peut-être une solution pour moi plus tard, mon audition se dégradant lentement mais sûrement, vous lire permet de se projeter un peu…
    Il y a tant de questions quand on sent bien que l’appareillage externe s’approche de ses limites…
    François

  • PAGE Marie Renée

    Bonjour Solène .
    Félicitations pour ton témoignage…
    Je t ’embrasse. Marie Renée (cousine de ta maman)

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