Breaker

Première grande étape : la pose de la partie interne

La pose de la partie interne - autreoreille.com

Après un peu de repos, voici le récit de la journée d’hier qui commence à 6h du matin par une double douche antiseptique (qui a durablement imprégné la salle de bain de l’ami qui m’hébergeait !) avant de prendre le chemin de l’hôpital. Quelques stations plus loin sur la ligne 6 du métro parisien, je me présente à 7h sonnantes à l’unité de chirurgie ambulatoire Babinski de l’hôpital universitaire de la Pitié-Salpêtrière. L’ambiance est calme à cette heure matinale et je suis plutôt sereine. Un passage au vestiaire, quelques étapes de contrôle et je suis accompagnée à pied au bloc opératoire pour la pose de la partie interne de mon implant cochléaire.

La pièce est fraîche. Je suis enveloppée dans une couverture chauffante et équipée d’électrodes et d’un tube en plastique sur le dos de la main. Les minutes qui précèdent l’endormissement me semblent longues. Malgré les paroles rassurantes de mes interlocuteurs, je commence à angoisser. Le lieu est impressionnant : en dehors de films, je n’avais jamais été confrontée à un tel décor et là c’est moi qui suis allongée au milieu d’écrans, de câbles, de machines du sol au plafond et de toute une équipe médicale qui s’affaire à préparer l’intervention. Soudain, je m’inquiète à l’idée de ce petit corps étranger aux airs de méduse qui sera bientôt logé dans ma tête et de la disparition de mes dernières cellules ciliées. Ce ne sont pas des doutes sur l’implantation mais la brusque réapparition d’appréhensions pourtant dépassées sur les changements physiologiques qu’elle suppose. Et l’environnement très peu familier dans le lequel je me trouve est là pour me rappeler que ouah, ça n’est pas rien !

Il est temps de m’endormir. Je porte toujours mon appareil gauche, ce qui me permet de bien comprendre les instructions. Je réussis à me détendre et à les appliquer puis sombre très vite.

Quelques heures plus tard, en salle de réveil, on me tapote vigoureusement les joues. Je peine à garder les yeux ouverts. Plusieurs personnes m’entourent et me stimulent jusqu’à ce que je me réveille davantage. Je peux alors lire sur les lèvres de la médecin anesthésiste que « tout s’est bien passé ».

Lors des échanges suivants avec l’équipe médicale, je ne me suis jamais sentie aussi sourde : somnolente, j’arrive très difficilement à voir ce qu’on me dit. Gestes, papier et crayon permettent finalement de se comprendre.

Toute patraque, je me réveille et m’endors à plusieurs reprises sans aucun repère temporel et sans chercher à en retrouver. Puis, je demande à récupérer mon appareil auditif gauche et me reconnecte petit à petit à mon environnement. Peu après, en milieu d’après-midi, la chirurgienne qui m’a opérée, le Dr Elisabeth Mamelle, vient me voir pour enlever le pansement et me transmettre quelques indications à suivre d’ici notre prochain rendez-vous, mardi. Là encore, les informations sont claires et rassurantes. Et je peux déjà sortir !

Depuis, pas de douleur, juste un petit tiraillement quand je tourne la tête, des vertiges quand je suis debout (ce qui m’arrive quand même assez peu depuis hier… repos !). J’apprivoise des sensations inédites. Le changement est perceptible derrière mon oreille, même si je ne situe pas précisément l’implant. Je n’entendais déjà plus sans mes appareils auditifs mais l’impression de surdité de cette nuit était à un niveau encore différent, avec de nouveaux acouphènes dans des fréquences plus graves qu’habituellement. Rien d’insupportable, il faut juste que j’intègre ces nouveautés. Le moral est bon en tout cas. La partie interne de l’implant est en place. Ce n’est que le début de l’aventure mais cette étape s’est très bien passée et j’attends la suite avec impatience !

Pour plus d’infos techniques sur l’intervention chirurgicale : http://www.cochlea.eu/rehabilitation/implants-cochleaires

 

Photo by Dan Freeman on Unsplash

@solene

2 thoughts on “Première grande étape : la pose de la partie interne

  • Irene A

    Contente de lire que ton intervention s’est bien passée et que les suites opératoires sont mineures. Les acouphènes un peu plus intenses dans les premiers jours re disparaîtront au plus tard au moment de l’activation du processeur. Puis, ce sera le bonheur des découvertes sonores même si la fatigue sera plus ou moins intense dans les premiers temps.

    Mes meilleurs voeux d’un prompt rétablissement et bienvenue dans la “Cochlear Family”

  • roc hcongar

    Soilène c’est passionnnant , ce sera utile pour les futurs implantés et aussi pour ceux déjà implantés qui n’ont pas eu ta curiosité. Je suis à tes côtés et pense fort à toi.
    Au 12 mai je pense à Fouesnant avecLe messag’in, sallé à l’arrcache au Quinquis , accès wifi.
    bref vous y serez bien.
    Françoise de Sourdine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *